des perquisitions choquantes

D’anciens salariés de Jean-Luc Mélenchon (certains ont changé de métier, d’autres sont à la retraite), des élus insoumis et Jean-Luc Mélenchon lui-même, en somme des femmes et des hommes qui n’ont jamais eu aucune histoire avec la police, ont été réveillés à 7 heures du matin, le mardi 16 octobre 2018, par des policiers armés et portant des gilets pare-balles. Un dispositif policier digne d’une opération de lutte anti-terroriste.
C’est le Parquet de Paris, dont les procureurs sont nommés par le pouvoir politique en place, qui a décidé et mis en oeuvre ces perquisitions contre le premier opposant à Emmanuel Macron.

Ici nous revenons sur ce coup politique dont le but est de nuire à un mouvement d’opposition au pouvoir, grâce à la complicité des médias.

Manuel Bompard est réveillé par la police qui lui demande de se rendre au siège de la France insoumise pour ouvrir la porte et menace de faire appel à un serrurier s’il ne vient pas dans les 15 minutes.

Danielle Simonnet a été convoquée au siège du Parti de gauche par la police.

Le président de l’association L’Ère du peuple et Sophia Chikirou, dirigeante de l’agence de communication Mediascop – des prestataires de la campagne – sont également perquisitionnés à leur domicile puis dans leurs bureaux.

6 anciens assistants parlementaires de Jean-Luc Mélenchon sont également perquisitionnés à leur domicile.

“Je fais l’objet d’une perquisition depuis 7 heures du matin, chez moi ainsi qu’au siège du Parti de gauche et de la France insoumise. […]

S’il vous plaît, dites partout que ceci est un acte politique, une agression politique. Ils ne vont pas chez une autre personne qui fait l’objet d’une enquête préliminaire : Emmanuel Macron. […]

Nous n’avons rien volé, nous sommes honnêtes”

Apprenant au fur et à mesure l’ampleur de l’opération, Jean-Luc Mélenchon informe sur Facebook et alerte les élus insoumis. Younous Omarjee et Adrien Quatrennens le rejoignent chez lui tandis que les autres élus se dirigent tous vers le siège de la France insoumise et du Parti de gauche.

Les policiers postés devant la porte d’entrée de la France insoumise commettent une voie de fait sur Jean-Luc Mélenchon en lui faisant barrage. Il leur rappelle la loi. Exaspérés par l’abus de pouvoir commis par des fonctionnaires qui prétendent aspirer des milliers de données sur les membres de la France insoumise, les élus présents et dirigeants de la FI affrontent la police. Une jeune assistante est jetée à terre tandis que Manuel Bompard est saisi par le col. Plusieurs jours d’ITT leur sont prescrits et une plainte est déposée pour dénoncer ces violences.

Face à cela, le procureur à l’origine de l’opération, “s’auto-saisira” pour porter plainte contre les élus de la FI et allumer un contre-feux à ce qui s’avère être un gros raté de sa part.

Plusieurs députés insoumis s’expriment devant les caméras et les journalistes pour dénoncer l’infamie d’une telle opération.

– Eric Coquerel : “À partir du moment où vous traitez le principal parti d’opposition politique, dont les comptes ont été validés, de cette façon, avec des perquisitions au petit matin, où l’on empêche les responsables politiques d’être présents au siège pour vérifier ce qu’il est en train de se faire, c’est un coup de force politique. C’est une fa!on d’intimider les opposants politiques. Nous refusons ces méthodes et nous accusons le pouvoir politique de les décider.” 
 
– Manuel Bompard : “On m’a empêché d’assister à la procédure administrative alors que je suis le responsable légal de la France insoumise. Aucun PV ne m’a été présenté, je ne sais pas si des documents ont été pris ou non. Ce ne sont pas des méthodes de la police républicaine.” 
 
– Alexis Corbière : “Aucun procès verbal n’a été présenté. Nous ne savons pas ce qui a été saisi. C’est une agression politique. S’il y a des comptes de campagne à observer, c’est ceux de monsieur Macron, qui ont été signalés par la Commission des comptes de campagne.”
 
– Jean-Luc Mélenchon : “Nous n’avons rien à cacher. Tout est public dans ce que nous faisons. C’est une volonté de nous intimider, de criminaliser notre action politique. 
 
– Adrien Quatrennens : “Le portrait détaillé de ce qu’est la France insoumise, ce grand mouvement d’opposition populaire humaniste et écologiste aujourd’hui en France, est entre les mains du pouvoir. Emmanuel Macron mène la même politique que ses prédécesseurs. C’est le productivisme, c’est le libéralisme. Ça nous mène à la catastrophe. C’est complètement déconfit, c’est une langue morte. Et nous, nous sommes une alternative. Et ils essaient de lui couper les jambes. Ils n’y arriveront pas.” 
 

– Danièle Obono : “Une opération de cette ampleur qui mobilise plus d’une centaine de policiers, c’est du jamais vu pour ce type de procédure, dans le cadre d’une enquête préliminaire. Il n’y a qu’une explication à cet investissement policier : c’est une opération politique.”

– Younous Omarjee : “J’étais au siège de la FI et je dois dire que cette perquisition s’est opérée dans des conditions totalement surréalistes avec des violations de règles de procédure : ils sont partis avec des éléments sans qu’aucun procès verbal n’ait été signé. La perquisition s’est également faite sans que les personnes qui, par la loi, doivent pouvoir être présentes, n’aient pu accéder aux lieux où les enquêteurs procédaient aux opérations.
Nous demandons à ce que la police et la justice ne soient pas instrumentalisées à des fins politiques.

À travers l’Europe et le monde, il y a beaucoup de messages de solidarité pour la France insoumise. Car la France insoumise représente, dans le pays, l’opposition. Et ailleurs, on s’étonne que des raids politiques soient lancés sur notre organisation.”

– Emmanuel Maurel : “Il n’y a pas d’affaire Mélenchon. Si j’étais provocateur, je dirais qu’il y a une affaire Macron.” “Je trouve hallucinant que l’on se concentre sur des humeurs et des colères et pas sur le fond de l’affaire, qui est grave.”

 

Lors de la séance de questions au gouvernement (QAG), Jean-Luc Mélenchon interpelle le gouvernement : “est-ce encore l’État de droit ?”.

Plusieurs députés appartenant à d’autres formations politiques expriment leurs inquiétudes de voir ainsi le Parquet, qui n’est pas indépendant du Ministère de la Justice, tenter de se saisir des fichiers d’un mouvement politique. Ils dénoncent tous une opération disproportionnée et s’inquiète des libertés.

Les réactions de la classe politique

Perquisitions, un autre son de cloche

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